Le DNF en ultra trail
- Serena Castelli
- 21 oct. 2025
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 30 déc. 2025
Échec ou apprentissage?
Mon premier trail a été le Wildstrubel 25 km, deux ans après j'ai fait le 75 km et cette année, c'était l'année de mes 113 km. Je viens de participer à ma troisième Wildstrubel by UTMB, et j'ai été arrêtée à Adelboden après 60 km. La barrière horaire était à 12.45h et je suis arrivée à 13h00...
J'aurais pu courir plus vite?
J'aurais pu faire la descente de la Bunderschrinde vers Adelboden plus vite?
Oui, mais sur le moment je n'ai pas trouvé le ressources nécessaires pour le faire. Un pied après l'autre et on avance... ce jour-là, ça n'aura pas suffi.
Je sais que j'ai donné le maximum pour en arriver là, mais qu'il y a des éléments que j'aurais pu faire différemment durant ma préparation.

Un voyage
Il y a une phrase d'un livre que j'adore d'Alan Sillitoe, The loneliness of the long-distance runner:
"the long-distance run of an early morning makes me think that every run like this is a life -a little life, I know- but a life as full of misery and happiness and things happening as you can ever get really around yourself".
C'est ça l'ultra, un voyage, un voyage physique, mental, à la découvert de soi, parfois un voyage plein de plaisir, parfois de souffrance. Comment et pourquoi nous trouvons la force de mettre toujours un pas devant l'autre? la beauté des paysages qui nous entourent? l'envie de terminer notre objectif? et pourquoi parfois nous ne trouvons pas cette force intérieure? Cette force pour courir plus vite et arriver avant la barrière horaire?
Ces questions souvent ont une reponse si on recherche bien au fond de nous, et parfois elle restent aussi en suspens.

Dans l’univers de l’ultra-trail, l’échec peut prendre bien des formes : un abandon provoqué par la douleur, un mental épuisé, une météo compliquée, ou simplement un objectif qui s’éloigne malgré tous les efforts. Ce moment peut avoir la violence d’une chute intérieure, celle qui ébranle la confiance et laisse un goût amer de “pas assez”, surtout quand tu sais qu'il y a des personnes qui sont là pour te soutenir à l'arrivée.
Et pourtant, même dans sa dureté, l’échec n’est jamais inutile. Il dépose en chacun·e des leçons qu’on peut apercevoir avec du recul : la patience, l’humilité, la force de repartir. Peut-être qu’au fond, chaque abandon prépare un nouveau départ.
Que retenir d'un DNF (did not finish)?
La remise en question : se remettre en question par rapport à sa préparation, qu'est-ce que j'aurais pu mieux faire et pourquoi je ne l'ai pas fait?
Tu ne cours jamais seule: un trail ca ne se court jamais seul, il y a des mois de préparation que nous pouvons faire grâce à nos partenaires de vie, qui prennent le relais sur la gestion du quotidien, il y a les personnes qui sont sur place et qui suivent ton lien live, il y a les personnes tràs loin qui te suivent et qui dorment moins bien car elles veulent te suivre.
Ton mental est fort mais pas en acier: il faut costamment le renforcer, le mental joue un rôle essentiel dans chaque ultra trail.
Recommencer : ce qui me plait de cette DNF c'est que la semaine même j'avais déjà envie de recommencer, de faire des nouvelles courses, d'avancer, passer à autre chose. La passion reste vivante en moi.

Suis-je devenue une vrai ultra traileuse ?
Dans le bus qui nous rapatrie d'Adelboden à Crans Montana nous étions une cinquantaine de personnes, une cinquantaine de personne à avoir fait un DNF. Céline, avec qui j'avais partagé la descente d'Alpschiele jusqu'à Adelboden, m'a dit: "Eh bien, mon copain m'a dit que finalement je suis devenue une vraie ultra traileurse, car j'ai vécu mon premier DNF."
Cette phrase m'a marqué, le DNF fait partie de l'ultra trail, et des fois c'est inévitable de le vivre pour s'améliorer.
L'important c'est de rebondir et d'avoir la flamme en nous et l'envie d'essayer à nouveau, de persévérer.



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