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Manaslu Trail Race

  • Serena Castelli
  • 10 sept. 2025
  • 6 min de lecture

Dernière mise à jour : 30 déc. 2025

9 jours de course au cœur de l’Himalaya


Descente depuis le Manaslu Base Camp
Descente depuis le Manaslu Base Camp

En novembre 2024, j’ai pris le départ de la Manaslu Trail Race, une course exceptionnelle autour du huitième plus haut sommet du monde : le Manaslu, 8163m.


  • Distance totale : 140 km

  • Dénivelé positif cumulé : 10 700 m

  • Particularités : passage d’un col à 5 106 m, et des paysages incroyables tout au long du parcours.


Cette course est organisée par Trail Running Nepal, une organisation qui met en place et promeut des courses de trail et d’ultra-trail au Népal.

Son objectif principal est de développer la pratique du trail running dans le pays et de soutenir les athlètes népalais.


Matériel

Pour ce trail en haute montagne, j’ai dû préparer un équipement à la fois léger, pratique et adapté aux conditions parfois extrêmes.

Les bagages ne doivent pas dépasser 10 kg et sont acheminés chaque soir jusqu’au lieu d’étape.


Ce que j’ai emmené avec moi:


Pour courir

  • Des chaussures de trail avec une bonne accroche, une demi-taille au-dessus.

  • Plusieurs paires de chaussettes légères (faciles à remplacer).

  • Deux shorts de trail et deux pantalons de trail.

  • Deux t-shirts respirants en mérinos .

  • Une polaire fine.

  • Des gants coupe-vent.

  • Une veste coupe-vent légère.

  • Une casquette et un buff pour se protéger du soleil puissant en altitude.


Dans le sac à dos (en course)

  • Un sac de 12L avec deux gourdes pour un total d'un litre.

  • Une ceinture compress avec deux gourdes (en altitude c'est très important de rester hydraté)

  • Des pastilles de purification au cas où je me retrouvais avec un besoin d'eau

  • Une couverture de survie.

  • De la crème solaire.

  • Des barres énergétiques et gels.

  • Des lunettes de soleil.


Après la course

  • Un t-shirt sec, une polaire et une doudoune légère.

  • Un bonnet, un pantalon thermique et des sous-vêtements secs.

  • Un petit kit de premiers secours (bandage, désinfectant, antidouleurs, kit ampoules).


Pour le soir et la nuit

  • Un sac de couchage 4 saisons, avec sac de compression pour le volume.

  • Des vêtements chauds : grosse doudoune, bonnet, polaire, sous-vêtements thermiques.

  • Des sandales légères.

  • Une lampe frontale avec piles de rechange.

  • Une serviette séchage rapide et une petite trousse de toilette.


Petits plus indispensables

  • Papier toilette et savon.

  • Lingettes, gel hydroalcoolique, vaseline pour prévenir les frottements.

  • Ma GoPro avec batterie de rechange.

  • Un livre.



Avant le départ de la course

Arrivée à Katmandou, j’ai pris le temps de m’acclimater, de rencontrer les plus de 50autres participants, d’écouter le briefing, de goûter mes premiers momos, mon premier dhal bat de visiter et découvrir la culture de ce magnifique pays.


Quelques jours plus tard, après 9 h de bus, nous voilà à Soti Khola, point de départ de notre aventure.


Le trail

Jour 1 : Soti Khola (730 m d'altitude) - Dhoban (25 km, +2080 m)

Premier contact avec le fameux “Nepali flat” (traduction : jamais vraiment plat). La chaleur rend les kilomètres exigeants. Je cours un peu seule, un peu accompagnée : Virginia, une Écossaise incroyable, pleine d’énergie, Heather, Lisenka, Robert, Eric… que de belles rencontres dès le début (sans oublier Laura et Marco, toujours plus rapides que moi). Le soir, baignade dans le fleuve, où je retrouve Eric déjà plongé en eau froide depuis un moment !


Moment détente à Dhoban
Moment détente à Dhoban

Jour 2 : Dhoban (environ 2600 m d'altitude)- Deng (27 km, +1730 m)

La règle du jour : toujours passer à gauche des temples bouddhistes, par respect pour la tradition.

La journée est dure, mais j’ai la chance de partager un bout de route avec Preeti, une incroyable coureuse népalaise. Sur la route nous rencontrons beaucoup de personnes, beaucoup d'enfants, qui nous regardent et nous crient "chocolate please", mais en même temps les organisateurs népalais nous disent de ne pas leur donner du chocolat, car si ils se retrouvent avec des soucis aux dents et le dentiste ce n'est que pour le privilegiés...


Rencontre sur la route pour Deng
Rencontre sur la route pour Deng

Jour 3 : Deng (1860 m d'altitude) - Hinang Gompa (23,5 km, +2130 m)

Nous montons, les températures descendent, l’altitude commence à se faire sentir. Pour moi, le troisième jour est le plus compliqué, je ressens la fatigue et mon corps n'est pas encore tout à fait habitué à ces efforts.

Je cours les 10 premiers kilomètres avec Virginia, nos discussions m’aident à tenir. Plus tard, je retrouve mon rythme et finis l’étape avec André.


La nuit, nous dormons dans un monastère bouddhiste. L’ambiance est magique, la nuit dans la chambre avec Heather nous entendons des bruits étranges, comme des souris qui marchent partout, mieux vaut mettre les bouchons d'oreille et penser à autre chose...

Le temple où nous avons passé la nuit
Le temple où nous avons passé la nuit

Jour 4 : Hinang Gompa (3100 m d'altitude) - Samagaon (24,5 km, +1500 m)

Première journée au-dessus de 3000 m. Enfin, les premières vues sur le Manaslu. Le passage par Pungyen Gompa (~4000 m) est un moment fort. Je prends le temps de profiter malgré la difficulté.


Jour 5 : Samagaon (3500 m d'altitude)- Base Camp Manaslu (4900 m d'altitude) - Samagaon (12,6 km, +1100 m)

Une montée magnifique vers le Manaslu Base Camp. Les drapeaux de prières flottent dans le vent, le sommet domine, majestueux. Mais l’altitude se fait sentir : chaque pas demande plus d’effort, l’oxygène manque. J'avance trés doucement.

Montée vers le Manaslu Base Camp, et vue sur le lac Birendra Tal
Montée vers le Manaslu Base Camp, et vue sur le lac Birendra Tal

Jour 6 : Samagaon - Samdo (8 km, +530 m)

Une étape courte mais splendide. La course commence au bord du lac Birendra Tal. C’est aussi l’occasion d’un children’s race avec les enfants du village. L’énergie est incroyable. Tous ces enfants courent, et à la fin ils nous crient un énorme "Thank you" après que nous leur ayons offert une barre de chocolat; cadeau extraordinaire pour ces enfants.


Children race
Children race

Jour 7 : journée active de "repos"

Certains montent jusqu’à la frontière tibétaine. Moi, je profite d’une belle marche avec Lokendra, Sonima et Anita, qui m’enseignent quelques mots en népalais.


Moment simple, humain, qui me marque beaucoup. Je m'arrête à 2km et 500 de D+ de la frontière afin de prendre soin de mes jambes qui auront une grosse journée le lendemain.


Le soir à Samdo, moment repas autour d'un feu
Le soir à Samdo, moment repas autour d'un feu

Jour 8 : Samdo (3800 m d'altitude) - Bimtang via Larkya Pass (22 km, +1500 m)

Sans doute la journée la plus dure de toute ma vie sportive. Départ à 4 h du matin pour rejoindre le Larkya Pass. Le Larkya Pass (5 106 m d’altitude) est un mur. Je monte lentement, je me sens minuscule face à l’immensité.

Vue matinale sur le Manaslu
Vue matinale sur le Manaslu

Je ressens le manque d’oxygène, ce qui m’empêche d’avancer vite. Mais les paysages… je n’ai jamais rien vu d’aussi grandiose. Je suis entourée de montagnes, dans un endroit où l’on ne peut aller qu’avec ses jambes : c’est incroyable. La descente est un vrai bonheur, partagée avec Alexandra et André.

Larkya pas à 5106 m
Larkya pas à 5106 m

Jour 9 : Bimtang - Tilje (18,2 km, -1980 m)

Dernière étape. Je me lâche, je cours fort, je me sens portée par la joie. Je franchis l’arrivée avec un immense sourire. Sonima me dépasse, et elle me fait un super sourire avec un timide "how are you?". En descendant, nous passons dans la réserve des Annapurnas, un endroit que je visiterai peut-être un jour.


Quelle expérience !

Retour à Katmandou

Encore 6 h de jeep jusqu’à Besisahar, puis 9 h de bus pour rejoindre Katmandou. Fatiguée, mais heureuse et remplie d’images.

The end
The end

Ce que j’ai appris

  • Les Népalais sont d’une gentillesse inouïe : chaque sourire, chaque “Namasté” est un cadeau.

  • Notre corps peut aller plus loin qu’on ne l’imagine… si le mental suit.

  • Partager une telle aventure crée des liens incroyables : de parfaits inconnus deviennent une famille.

  • L’organisation et le staff, passionnés, donnent une âme à cette course.

  • La diversité du groupe est une richesse : coureurs venus d’Allemagne, Australie, Italie, Singapour, États-Unis, Inde… et bien sûr de superbes athlètes népalais et népalaises.


Physiquement, ce fut un vrai défi : conditions d’hygiène limitées, nuits courtes en altitude, nourriture inhabituelle… Mais tout cela a renforcé l’expérience.


Conclusion

La Manaslu Trail Race n’était pas une compétition. C’était une aventure humaine, sportive et spirituelle.

Je reviens transformée, avec une envie encore plus forte de partager le goût de l’effort, de l’aventure et de la montagne. C'est une chance de pouvoir vivre tout cela.



 
 
 

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