Tuscany Trail
- Serena Castelli
- 12 sept. 2025
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : 30 déc. 2025
En mai 2025, j’ai pris le départ du Tuscany Trail, un évènement bikepacking dans le coeur de la Toscane.
Distance totale : 450 km
Dénivelé positif cumulé : 6 000 m
Particularités : évènement sur plusieurs jours (au maximum 7 jours) à faire en complète autonomie. La seule règle : respecter le tracé GPX donné par l'organisation.
Matériel
Je précise que j'ai fait ce voyage avec ma compagne, qui s'est chargée de la logistique du voyage; le vélo étant l'une de ses passions.

On commence par l’essentiel : le vélo. Pour cette aventure, nous avons choisi nos gravel équipés de pneus de 40 mm, parfaits pour rouler aussi bien sur route que sur piste, gonflés à 2,8 barres.
Côté bikepacking, voici comment nous avions organisé notre matériel :
Une sacoche de guidon : la tente et les habits pour la nuit.
Deux sacoches de fourche : une paire de chaussures, le sac de couchage, le matelas et la trousse de toilette.
Une sacoche de cadre : tout ce qui devait rester à portée de main pendant la journée (outils pour réparer le vélo, nourriture, cadenas, porte-monnaie…).
Une sacoche de selle : des vêtements plus chauds et un coupe-vent.
Deux gourdes, pour un total de 1,2 L d’eau.
Avec cette configuration, nous étions prêtes à pédaler léger, mais sans rien (ou presque) sacrifier au confort.
Avant le départ de la course
Nous arrivons à Campiglia Marittima le mercredi pour un départ le lendemain matin. Une fois arrivées, nous prenons tout de suite le temps de monter nos velos, monter les sacoches et y mettre le matériel dedans. C'est un moment important car il faut être organisé, savoir où sont rangées les affaires, s'assurer que tout est bien en place et que rien n'est oublié.
La course
Jour 1: Campiglia Marittima-Castiglione della Pescaia (70 km, +900 D+)
Dès le départ, nous comprenons ce qui nous attend : des routes irrégulières, caillouteuses, parfois cassantes. Les pneus de 40 mm font déjà la différence. Heureusement, le matériel est bien attaché, rien ne bouge.
Après quelques efforts, la récompense : nous rejoignons la côte et nous apercevons la mer. La vue est splendide, et c’est une motivation idéale pour ce premier jour.
Jour 2: Castiglione della Pescaia-San Quirico d'Orcia (115 km, 1900 D+)

Bienvenue dans les Crete Senesi, un des paysages les plus emblématiques de Toscane. Les collines douces, les cyprès alignés, les champs labourés et les vieilles fermes créent une atmosphère unique, différente à chaque virage.
Mais la fin de cette étape est rude : des rampes à 15 % sous une chaleur étouffante, pour une longueur de 5 interminables kms. Les jambes brûlent et il fait chaud. Nous sommes rarement seules sur les sentiers vu que 6000 personnes sont également sur le parcours. Cela permet d'observer les autres, de comprendre qu'il est temps de descendre du vélo et de pousser, de se regarder avec le même air de "on n'en peut plus, c'est bientôt la fin ?".
Jour 3: San Quirico d'Orcia-Monteriggioni (98 km, 1650 D+)
On traverse la Val d’Orcia, un décor classé à l’UNESCO. Les strade bianche (ces fameuses pistes blanches de gravier) sont roulantes et agréables. Contrairement à la veille, nous avançons plus facilement.
Pause bien méritée à Sienne : glace obligatoire sur la Piazza del Campo. Même si le vélo est au cœur du voyage, profiter de ces petites haltes rend l’expérience encore plus riche.
Lorsqu'un cycliste ou une cycliste est en difficulté, nous n'hésitons pas à nous entraider. Comme ce cycliste avec charette pour transporter son chien, incapable d'arriver à pousser tout le poids dans une pente boueuse. Nous voilà à nous enfoncer dans la boue en poussant son vélo pour qu'il puisse repartir en pédalant; sacrée organisation mais cela en a valu la peine. Et le chien a semblé apprécier l'effort.

Jour 4: Monteriggioni-Montecatini (90 km, 1400 D+)
Direction la Val di Cecina, plus sauvage. Moins connue que la Val d’Orcia, elle offre pourtant de magnifiques paysages vallonnés, ponctués de petits villages où le temps semble s’être arrêté. Avant la fin, une derniere montée vers Montecatini nous attend. Une fois au village nous dînons dans une trattoria typique et rencontrons un couple franco-belge installé ici depuis 20 ans. Ces moments simples font partie du charme du bikepacking.
Durant la journée, nous nous retrouvons face à une rivière à traverser. Si la première fois, nous avions observé les autres cyclistes qui se lançaient sur leur monture pour la traverser et que nous en avions fait de même dans 20 centimètre d'eau, cette fois - ci tout le monde semble en pleine réflexion. Décision commune : on enlève les chaussures et on pousse ! Le sol glisse, les vélos sont lourds à retenir mais pas de chute !
Jour 5: Montecatini-Campiglia Marittima (65 km, 900 D+)
C’est le dernier jour… et aussi le plus dur pour moi. La selle se fait douloureusement sentir, et les paysages paraissent moins spectaculaires que ceux des Crete Senesi ou de la Val d’Orcia.
Les 20 derniers kilomètres se passent à plat sur la route... il y a une partie méditative qui fait prendre conscience de tout le chemin parcouru mais également la nostalgie de quitter ces sentiers et cette sensation de liberté.

Ce que j'ai appris
Voyager à vélo, c’est tout simplement magnifique. Et dans une région comme la Toscane, c’est encore plus fort.
Gérer ses ravitaillements, décider du nombre de kilomètres à parcourir chaque jour, choisir où et comment passer la nuit… cela peut sembler être une contrainte, mais en réalité, c’est une immense liberté. Nous avançons à notre rythme, portées par la route, avec le sentiment de retrouver une simplicité clairement oubliée dans ces jours-ci. Juste une trace à suivre, un trait sur un petit écran et profiter de l'instant présent.
Conclusion
Participer au Tuscany Trail, c’est se reconnecter à l’essentiel. C’est redécouvrir la lenteur, savourer chaque paysage, s’émerveiller d’un coucher de soleil au détour d’une colline. C’est aussi accepter l’effort, dépasser ses limites, mais toujours avec la récompense d’un décor grandiose et d’un sentiment de liberté totale.
Ce mélange de défi physique, immersion culturelle et goût de l’aventure est ce qui nous a fait tomber amoureuses de cette expérience bikepacking.



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